> PERCUSSIONS MAGAZINE
Michel Faliguand

Au cœur des batteries de Rio. Le Samba de enredo
de Philippe Nasse, Jean Christophe Jacquin,Bruno Ginestet & Klaus Blasquiz. 2002

Cette cassette est un document remarquable. Le livret d’accompagnement de soixante pages fait plus que compléter les deux heures trente d’images. Beaucoup plus. Ses trois parties, traitant du Samba sur toutes les coutures, en font une monographie musicologique sans équivalent dans la littérature francophone.

Les images comportent deux séquences; j’aurai aimé que le scénario en utilisat un certain nombre pour montrer les relations qui existent entre elles (celles du documentaire et celles de la méthode pédagogique, cf. plus loin). Le film documentaire (Bruno Ginestet) s’étale sur soixante-huit minutes, les huit dernières m’ont fait perdre pied; la surabondance d’images de personnes paradoxalement assez statiques en costumes monochromes donne une impression de flou, de monotonie, peut-être les plans sont-ils trop généraux, et là, le commentaire n’aide pas à la lecture.

La deuxième partie est un passage en revue des percussions de la bateria par Jean Christophe Jacquin. La prestation du musicien est tout à fait convaincante : l’excellent technicien qu’il est manifestement double l’excellent pédagogue que l’on devine - ou inversement. Le filmage est à la hauteur de la démo ; gros plans serrés, angles de prises de vues différents d’une même action, répétitions, ralentis, etc ; la technique est au service de la pédagogie. C’est parfait... ou presque.
Il me semble en effet qu’après des images de cent cinquante ou deux cents musiciens en marche (le documentaire), cette démo centrée sur un seul percussionniste quasiment immobile tend à gommer l’essence même du Samba ; c’est une musique collective. Pour aller vite - cette vidéo est si riche qu’il faudrait plusieurs pages pour en parler ! -, je dirai que, même (surtout) pour une initiation, j’aurai réuni dans le studio une dizaine de batteurs et demandé à Jacquin de présenter ses démonstrations au sein de cette formation. Alors la caméra et la prise de de son auraient aidés à mieux mettre en évidence les relations entre les différents instruments(entrées, appels, breaks, arrêts, etc...).
Pour chaque instrument, j’aurai contrepointé ces séquences en studio (malgré tout artificielles) par des images extraites du documentaire (montrant le jeu des différentes “ailes”) et avec un nouveau commentaire.
Ainsi la suggestion de Jacquin (“La batterie Mangueira vaut la peine qu’on aille la voir de très près.”) aurait-elle pu être généralisée. En conclusion, Jean Christophe Jacquin conseille au spectateur de prendre un billet d’avion pour aller voir le Carnaval carioca, je m’attendais à mieux.
Le site http://sambistas.online.fr peut conforter votre décision.

Michel Faliguand

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